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Le militantisme numérique des jeunes au Sahel n'est pas uniformément pro-démocratie.
Les plateformes de médias sociaux offrent aux citoyens des canaux alternatifs pour exprimer leurs griefs, mobiliser la protestation et tenir les autorités responsables ; mais elles facilitent également la diffusion de discours populistes, de récits nationalistes et de désinformation coordonnée.
Comment se présente cette double réalité dans les sept pays étudiés ?
- Au Mali, les plateformes servent d'espaces de mobilisation, de débat et de contestation de l'information.
- Au Guinée, un accès limité à Internet entrave un engagement civique plus large en ligne.
- Au Burkina Faso, la participation est principalement diffuse, les jeunes amplifiant les récits dominants plutôt que de mener des actions organisées.
- Au Togo, les médias sociaux sont un terrain de jeu essentiel pour l'expression et la mobilisation politiques, avec des pics autour de la corruption, des difficultés économiques et de la répression.
- Au Tchad, l'engagement des jeunes en ligne reste limité.
- Au Cameroun, la mobilisation est largement réactive, émergeant principalement en période de crise.
- Au Niger, les plateformes combinent l'expression politique avec des niveaux élevés de désinformation et de récits polarisés.
Dans toute la région, l'engagement en ligne est souvent réactif et axé sur la crise lors de moments de crise, de coups d'État, d'élections ou de tensions politiques, plutôt que de former des mouvements durables. Et bien que les jeunes soient très présents dans ces espaces, leurs voix sont souvent médiatisées par des contenus produits par des journalistes, des organes de presse ou des réseaux de la diaspora plutôt que de piloter directement la conversation.
Dans le même temps, bien que la plupart des États aient mis en place des cadres de gouvernance numérique, la mise en œuvre et la coordination restent faibles. Combler cet écart nécessitera non seulement des lois plus fortes, mais aussi des institutions plus fortes, ainsi que plus d'espace et de soutien pour que les jeunes puissent diriger et façonner la vie civique numérique. Pourtant, ces mêmes cadres comportent de réels risques d'abus. À travers le Sahel, les lois conçues pour régir les espaces numériques ont été instrumentalisées pour faire taire la dissidence, restreindre l'organisation en ligne et justifier les coupures d'Internet lors de moments de crise politique.
Auteurs : Zara Schroeder, Marie Batista, Yossabel Chetty, Leslie Dwolatzky, Kola Ijasan et Herman Wasserman






